Qu’est-ce qu’un making-of audiovisuel ? Définition et usages


Un making-of audiovisuel est un film qui montre comment un autre film, un spectacle ou un événement a été fabriqué : le tournage, les préparatifs, les gestes de l’équipe, les ratés et les moments de grâce. Le terme vient de l’anglais et signifie « fabrication ». Longtemps réservé au cinéma, il sert aujourd’hui aussi bien aux marques qu’aux organisateurs d’événements, aux ONG et aux services marketing.
Cet article explique ce qu’est un making-of, d’où il vient, quelles formes il prend, à quoi il sert en entreprise, quelles précautions juridiques prendre et comment le tourner sans qu’il devienne un second projet ingérable.
En bref
Un making-of est un film documentaire sur la fabrication d’une œuvre audiovisuelle, d’un spectacle ou d’un événement, et non sur l’œuvre elle-même.
Au cinéma, il a longtemps servi d’outil promotionnel et de bonus de DVD. En entreprise, il sert à humaniser une marque, à prolonger la vie d’un tournage et à nourrir les réseaux sociaux.
Il se prépare avant le tournage principal : une personne dédiée, un plan de captation, des autorisations de droit à l’image.
Il reste un montage à part entière : le ton doit rester fidèle à l’identité de la marque, même s’il se montre plus spontané.
Table des matières
Définition : que désigne vraiment un making-of ?
Selon Wikipédia, un making-of est un anglicisme qui désigne un film documentaire relatant le tournage ou la production d’un film ou d’une œuvre audiovisuelle, téléfilm ou série télévisée par exemple. L’encyclopédie précise que la notion peut s’étendre à d’autres productions artistiques.
Le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française élargit le champ. Il propose l’expression « documentaire de production » et la définit comme un documentaire dont le sujet est la création et la mise en œuvre d’une production cinématographique ou télévisuelle, d’un spectacle, d’un événement ou de tout autre projet, avec souvent des entrevues. C’est exactement cette extension qui explique la présence du making-of dans le monde de l’entreprise.
La SACD, société française des auteurs et compositeurs dramatiques, le traite pour sa part comme une œuvre audiovisuelle élaborée, dont l’objet principal est de décrire, analyser et commenter le processus de création d’une œuvre. Cette définition compte : un making-of n’est pas un simple tas de rushes. C’est un film construit, avec un point de vue, donc potentiellement une œuvre à part entière, avec ses droits.
Making-of, making off, coulisses : une question d’orthographe
On rencontre l’écriture « making of », « making-of » et, à tort, « making-off ». La forme correcte reste « making-of », avec « of » comme dans « fabrication de ». Certains professionnels francophones disent aussi « film des coulisses », « documentaire de tournage » ou « vidéo behind the scenes ». Sur les réseaux sociaux, « behind the scenes » (BTS) désigne plutôt des extraits courts et verticaux que le making-of long.
Ce que le making-of n’est pas
Trois confusions reviennent souvent :
La bande-annonce. Elle vend l’œuvre. Le making-of raconte sa fabrication.
Le bêtisier. Il ne rassemble que les erreurs et les fous rires. Il peut faire partie d’un making-of, sans le remplacer.
Le film d’entreprise. Un film institutionnel présente une entreprise ou une organisation. Le making-of, lui, présente une réalisation, et montre l’entreprise par ricochet, à travers ses gens et ses méthodes.
D’où vient le making-of ?
Le making-of naît du cinéma : filmer l’envers du décor pour documenter un tournage, puis le vendre comme contenu complémentaire. Pendant des années, il a trouvé sa place dans les bonus des DVD et sur les chaînes de télévision, qui diffusaient des reportages sur les plateaux de grands films.
Le genre a connu un net recul dans le cinéma français. Un article du Point indique qu’il était encore florissant vingt ans plus tôt, puis délaissé par l’industrie, qui lui préfère aujourd’hui des contenus promotionnels de type kit de presse électronique. Ce kit réunit des modules vidéo avec images de plateau, interviews et bêtisiers, fournis clé en main aux médias.
Ce recul au cinéma n’a pas tué le principe. Il a changé de terrain. Les plateformes, les réseaux sociaux et les sites d’entreprise ont créé une demande de contenus authentiques, plus courts et plus fréquents. Le making-of s’est déplacé du DVD vers le fil d’actualité de LinkedIn, d’Instagram ou du site web.
Les chercheurs s’y intéressent aussi : une étude parue dans la revue European Review examine ce que les making-of révèlent des coulisses de l’adaptation d’un film, preuve qu’il s’agit d’un objet médiatique à part entière et pas seulement d’un gadget promotionnel.
Les formes que prend un making-of
Il n’existe pas un making-of, mais plusieurs formats. Le bon choix dépend de l’objectif, de la plateforme et du budget.
Format | Durée indicative | Usage principal | Ton |
Making-of documentaire | 5 à 15 min | Site web, DVD, festival, archive du projet | Narratif, avec interviews |
Making-of promotionnel | 1 à 3 min | Site, newsletter, présentation commerciale | Dynamique, musical |
Séquences coulisses (BTS) | 15 à 60 s | Réseaux sociaux, stories, formats verticaux | Spontané, brut |
Time-lapse de montage ou d’installation | 30 s à 1 min | Événements, chantiers, expositions | Visuel, sans parole |
Making-of interne | 3 à 8 min | Intranet, remerciements aux équipes | Chaleureux, de l’humour |
Les durées ci-dessus sont des repères de production que nous utilisons pour cadrer un projet, pas une norme officielle. Elles varient selon le canal : une vidéo de coulisses pour une story ne se monte pas comme un film destiné à un dossier de candidature.
À quoi sert un making-of en entreprise ?
Une entreprise n’a aucune raison de filmer ses coulisses par mimétisme avec le cinéma. Elle le fait parce que le making-of répond à des besoins précis.
Humaniser la marque
Un film publicitaire montre le résultat poli. Le making-of montre qui l’a fabriqué. Cette transparence rapproche le public de l’équipe : un visage, un geste de métier, une anecdote de tournage. Pour une PME, une ONG ou un organisme public, c’est souvent plus parlant que dix lignes de présentation.
Faire vivre un tournage plus longtemps
Un tournage coûte du temps, de la logistique et de l’énergie. Le making-of transforme ces journées en contenus supplémentaires : un teaser avant la sortie, une série de courts extraits pendant la campagne, un film plus long pour le site. À partir d’une seule journée de captation, un service marketing alimente plusieurs semaines de publication. Pour une campagne payante, ces extraits peuvent aussi servir d’habillage. Si vous réfléchissez à la diffusion, ce guide sur les motion ads sur Taboola montre comment un contenu vidéo peut capter l’attention dans un format publicitaire.

Valoriser une équipe ou un événement
Pour un congrès, un gala ou un festival, le making-of documente les préparatifs : montage de la scène, répétitions, accueil des invités, travail des bénévoles. Il remercie ceux que le film final ne montre jamais. Il peut aussi servir à convaincre les sponsors de l’édition suivante. Si c’est votre cas, notre page sur la vidéo d’événement pour les entreprises détaille ce que nous captons avant, pendant et après le jour J.
Recruter et fidéliser
Montrer comment une équipe travaille donne aux candidats une idée concrète de la culture interne. Le making-of d’un projet réussi devient une pièce de marque employeur sans avoir été conçu comme tel, ce qui le rend crédible.
Expliquer un savoir-faire
Un atelier, un laboratoire, une manufacture, un chantier : tout ce qui est invisible pour le client gagne à être filmé. Le making-of montre l’exigence, le temps passé et la précision derrière un produit ou un service. C’est un argument de valeur qu’aucune brochure ne remplace.
Making-of audiovisuel et droits : ce qu’il faut vérifier
Filmer les coulisses ne dispense d’aucune règle. Au contraire, un tournage de coulisses capte des personnes dans des moments non préparés, ce qui demande de la rigueur.
Droit à l’image des personnes filmées. Équipe, figurants, invités, public : chaque personne reconnaissable doit en principe avoir donné son accord pour l’usage prévu. Une autorisation écrite, simple et claire, évite les malentendus. Les règles précises dépendent du pays ; en Suisse comme en France, elles reposent sur la protection de la personnalité et de l’image, et un juriste vous confirmera le cadre qui s’applique à votre projet.
Matériel préexistant. Une œuvre audiovisuelle intègre souvent de la musique, des images ou des logos protégés. Selon le guide de l’OMPI pour les cinéastes indépendants, le producteur doit dans la plupart des cas obtenir une autorisation avant d’utiliser ce type de matériel. Le making-of n’échappe pas à cette règle : la musique de fond, l’affiche visible sur un mur ou l’écran de contrôle qui montre un autre contenu comptent aussi.
Droits d’auteur de l’œuvre elle-même. Le guide de l’UER sur le droit d’auteur rappelle que le droit d’auteur donne aux créateurs le droit exclusif d’autoriser ou d’interdire l’usage de leurs œuvres. Si le making-of montre des extraits d’une œuvre protégée, prévoyez l’accord correspondant.
Confidentialité. Des maquettes, des produits non lancés, des écrans de logiciels, des documents sur une table : l’envers du décor peut révéler ce que l’entreprise ne veut pas encore dévoiler. Décidez avant le tournage de ce qui ne se filme pas.
En cas de doute sur un projet précis, adressez-vous à un avocat spécialisé en droit de la propriété intellectuelle ou aux services juridiques de votre organisation, avant la diffusion et non après.
Comment réussir un making-of : méthode pas à pas
Un making-of improvisé donne des images inutilisables : plans tremblés, sons parasites, personne n’a été prévenu. Voici la démarche que nous recommandons.
Définir l’objectif. Recruter, remercier, vendre, documenter ? Un seul objectif principal par making-of. Il décide du format, de la durée et du ton.
Désigner un point de vue. Qui regarde ? Le client, un candidat, un partenaire ? Le même tournage ne se raconte pas de la même manière pour chacun.
Prévoir une captation dédiée. Un making-of tourné par la caméra principale entre deux prises n’est jamais satisfaisant. Une personne, même une seule, doit être responsable des coulisses, sans gêner le tournage principal. Notre checklist de production vidéo intègre ce temps de captation parallèle.
Lister les moments clés. Arrivée de l’équipe, installation de la lumière, briefing, premières prises, réactions devant le moniteur, imprévus, fin de journée. Ce sont des séquences qui racontent, pas des plans de remplissage.
Planifier les interviews. Deux à trois questions simples à des personnes variées : le responsable du projet, un technicien, un participant. Nous détaillons la méthode dans notre article pour filmer une interview impactante.
Soigner le son. Les coulisses sont bruyantes. Un micro cravate ou un enregistreur à part pour les interviews évite de perdre l’essentiel.
Monter pour raconter. Un fil, un début, une montée, une fin. Le making-of demeure un montage à part entière, et pas une suite de plans bout à bout. Pour accélérer cette étape, voyez notre tutoriel de montage vidéo rapide.
Décliner par canal. Une version longue pour le site, une version de 60 secondes pour LinkedIn, des extraits verticaux pour Instagram.
Erreurs fréquentes
Tourner sans prévenir les personnes filmées, puis découvrir qu’elles refusent la diffusion.
Filmer des heures sans savoir ce que l’on cherche, et crouler ensuite sous les rushes.
Imiter le style d’une grande production alors que la marque a un ton sobre : le making-of doit rester cohérent avec l’identité de l’entreprise.
Publier trop tard. Un making-of perd de sa valeur quelques semaines après l’événement.
Notre point de vue : le making-of, ce n’est pas un bonus
Nous voyons souvent le making-of traité comme une option de dernière minute, que l’on ajoute si le budget le permet. Notre expérience de la production nous pousse à l’inverse : c’est un choix de stratégie qui se décide en amont, avec le brief du film principal.
Chez Tulip Films, nous travaillons à partir d’une idée simple : comprendre ce que le client veut communiquer, puis choisir les images qui le disent. Appliqué au making-of, cela donne trois principes.
Un making-of doit servir un message. Si l’on ne sait pas ce que l’on veut raconter, mieux vaut ne pas le tourner. Une vidéo de coulisses agréable mais sans fonction s’oublie aussitôt.
Il se pense avec le calendrier de diffusion. Nous aimons savoir dès le départ ce qui sortira en premier, ce qui accompagnera le lancement et ce qui restera sur le site. Avec une livraison rapide, le contenu des coulisses peut être publié pendant que le sujet est encore d’actualité.

Il respecte les gens qu’il filme. Un bon making-of est généreux avec l’équipe, honnête sur la difficulté du projet et jamais cruel. Les imprévus et le travail réel plaisent plus qu’une image lisse.
Pour les marques qui hésitent, notre conseil est simple : commencez petit. Une demi-journée de captation soignée, un montage de deux minutes et trois extraits verticaux valent mieux qu’un grand documentaire que personne ne finira de monter.
— Pieter
Quand faut-il prévoir un making-of ?
Tous les projets ne justifient pas un making-of. Voici des situations où il apporte vraiment quelque chose.
Situation | Intérêt du making-of |
Tournage d’un film publicitaire | Montrer le savoir-faire, prolonger la campagne sur les réseaux |
Conférence, gala, festival | Remercier équipes et bénévoles, convaincre les sponsors suivants |
Lancement d’un produit ou d’un site | Raconter la conception, créer l’attente avant la sortie |
Projet d’une ONG ou d’une institution | Rendre visible le travail de terrain, appuyer une demande de soutien |
Chantier ou projet immobilier | Documenter les étapes, valoriser le promoteur |
Création d’un cours vidéo | Expliquer la démarche pédagogique et l’expertise des intervenants |
À l’inverse, évitez le making-of quand le projet est confidentiel, quand l’équipe n’est pas à l’aise devant la caméra ou quand le tournage principal est déjà tendu en temps et en budget. Dans ce cas, quelques photos et deux ou trois courtes séquences de coulisses suffisent.
Pour intégrer le making-of à une organisation de tournage plus large, vous pouvez vous appuyer sur notre guide du workflow de création de contenu audiovisuel, qui décrit les étapes de la préparation à la diffusion.
Faire réaliser votre making-of avec Tulip Films
Nous sommes une société suisse de production vidéo. Nous accompagnons les entreprises, organisateurs d’événements, agences immobilières et institutions de la conception à la diffusion, avec une livraison rapide et des formats adaptés au web et aux réseaux sociaux. Si votre projet inclut un making-of, nous pouvons le prévoir dans la même production que le film principal.
Nos forfaits sont publiés : le Forfait Vidéo Essentiel va de 600 à 2000 CHF et le Forfait Vidéo Signature de 2000 à 10000 CHF, tarifs ponctuels. Le Forfait Vidéo Premium est proposé sur devis. Pour discuter de votre projet, vous pouvez planifier un appel gratuit avec notre équipe.
FAQ
Quelle est la différence entre un making-of et un teaser ?
Un teaser donne envie de découvrir une œuvre à venir, avec quelques images soigneusement choisies. Le making-of raconte la fabrication de cette œuvre, avec ses coulisses et ses personnes. Les deux peuvent se compléter dans une campagne : le teaser avant la sortie, le making-of pendant ou après.
Combien de temps doit durer un making-of ?
Cela dépend du canal. Pour les réseaux sociaux, restez entre 15 et 60 secondes ; pour un site ou une newsletter, entre 1 et 3 minutes. Un making-of documentaire plus ambitieux peut aller jusqu’à une quinzaine de minutes, à condition que le récit le justifie.
Faut-il l’autorisation des personnes filmées ?
Oui, en principe, pour toute personne reconnaissable dont l’image sera diffusée. Une autorisation écrite précisant l’usage prévu (site, réseaux sociaux, durée) évite les litiges. Les règles exactes varient selon le pays : pour un cas particulier, consultez un juriste.
Un making-of est-il réservé au cinéma ?
Non. Né au cinéma, il s’est étendu aux événements, aux campagnes publicitaires, aux chantiers, aux cours en ligne et à la vie interne des organisations. La définition de l’Office québécois de la langue française couvre d’ailleurs les spectacles, les événements et tout autre projet.
Peut-on tourner un making-of soi-même avec un smartphone ?
Pour des séquences de coulisses destinées aux stories, oui, avec un bon éclairage et un son propre. Pour un film destiné à un site, à un dossier ou à une campagne, un tournage professionnel garantit la qualité d’image, le son et un montage cohérent avec votre identité.
Sources
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